Nous appelons parfois preuve ce qui n’est qu’un souvenir sûr de lui. Le souvenir de nos opinions passées est reconstruit pour paraître plus cohérent avec nos opinions actuelles.
Stephen J. Read et Mary Beth Rosson publient en 1982, dans Social Cognition, une étude empirique consacrée à ce mécanisme. Le résumé rapporte des résultats compatibles avec la définition retenue ici. Ils restent liés à la tâche, aux mesures et à la population étudiées ; les étendre à tous les contextes demanderait d’autres données.
La recherche sur la mémoire ne permet pas de déclarer tout souvenir faux. Elle montre que le rappel dépend du contexte, des indices et des reconstructions opérées après l’événement.
Pour le design UX, afficher l’origine d’une information et permettre de revoir l’état antérieur réduit la dépendance au seul souvenir. Une confirmation datée vaut mieux qu’une mémoire priée de se débrouiller.
Comprendre le biais de cohérence ne vaccine personne. Cela donne au design une obligation plus modeste : laisser assez de traces pour que le jugement puisse se reprendre.
Référence : Stephen J. Read, Mary Beth Rosson (1982). Rewriting history: The biasing effects of attitudes on memory. Social Cognition. https://doi.org/10.1521/SOCO.1982.1.3.240
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